Fonds verts et Grande Muraille Verte : le Burkina Faso mise sur la connaissance pour accélérer l’action climatique
Réunis les 7 et 8 septembre 2026 à Ouagadougou, les acteurs des projets appuyés par le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l’environnement mondial, le Fonds d’adaptation et les initiatives de la Grande Muraille Verte ont consolidé la cartographie des interventions et renforcé la gestion des connaissances au service de l’action climatique et environnementale.
Organisé dans le cadre du Programme d’appui régional à la Grande Muraille Verte (PAR-GMV), avec l’appui du FIDA, l’atelier a réuni des décideurs, des coordonnateurs de projets ainsi que des spécialistes en suivi-évaluation, en communication et en gestion des connaissances. Il visait à mieux recenser les initiatives, les partenaires, les bonnes pratiques, les innovations et les produits de connaissance liés à l’adaptation, à la résilience climatique et à la restauration des terres.
À l’ouverture, Jean Philippe Badolo, Inspecteur des eaux et forêts et chef du Département de la coordination des conventions internationales sur le développement durable et les changements climatiques, a souligné l’importance stratégique de la capitalisation. « La gestion des connaissances peut nous permettre de disposer d’évidences solides afin de mobiliser davantage de ressources pour l’atteinte des objectifs de l’offensive agropastorale, hydraulique et halieutique », a-t-il déclaré.
Les échanges ont mis en lumière l’approche intégrée KM-MEL-3C, qui articule gestion des connaissances, suivi-évaluation, apprentissage, renforcement des capacités, communication, collaboration et coordination. Cette démarche doit permettre de mieux documenter les expériences, d’identifier les solutions éprouvées, d’éclairer les décisions et de favoriser leur mise à l’échelle.
Les participants ont ensuite passé en revue et validé une base de données commune couvrant les projets et programmes, les contacts clés, les produits de connaissance, les innovations, les besoins non satisfaits et les principaux domaines d’intervention de la Grande Muraille Verte. Au-delà d’un simple inventaire, cet outil est appelé à devenir un levier national de coordination, de suivi, de mobilisation des ressources et d’aide à la décision.
Plusieurs expériences porteuses ont été mises en avant, notamment l’approche « Tin Taan Soani » portée par le Programme pour le renforcement de la résilience des petits producteurs (RESI-2P), les demi-lunes multifonctionnelles du Programme conjoint Sahel en réponse aux défis de la COVID-19, des conflits et du changement climatique (SD3C) et la récupération des terres dégradées par Andropogon gayanus dans le cadre du Programme Intégré de Développement et d’Adaptation au Changement Climatique dans le bassin du Niger (PIDACC/BN). Les systèmes d’alerte précoce, les jardins nutritifs scolaires et le crédit vert promus par le Projet d’intégration des mesures d’adaptation au changement climatique dans la gestion concertée du complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari (ADAPT-WAP) ont également nourri les discussions.
L’atelier a également permis de prioriser les bonnes pratiques, d’élaborer un cadre harmonisé de capitalisation et de communication, et d’identifier les besoins de formation. Les participants ont en outre posé les bases d’un réseau de points focaux et d’une communauté de pratique dédiée à la gestion des connaissances.
Pour Noël Koutéra Bataka, directeur pays du FIDA au Burkina Faso, cette dynamique collective ouvre des perspectives prometteuses. « Si les gestionnaires de savoirs de cette communauté de pratique que nous venons de mettre en place travaillent ensemble, nous faisons le pari que cette communauté sera le leader des 11 pays de la Grande Muraille Verte, et les évidences produites attireront les partenaires techniques et financiers », a-t-il affirmé.
Convaincus que les preuves sont essentielles pour éclairer les décisions et mobiliser les financements, les participants ont adopté, à l’issue de l’atelier, une feuille de route commune pour 2026-2027. L’ambition est claire : mieux connaître, documenter, partager et étendre les solutions qui fonctionnent, afin de transformer les produits de savoir en leviers de plaidoyer et d’investissement pour l’action climatique au Burkina Faso.
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